02 septembre 2010

La petite phrase de François FILLON.

Le 1er Ministre, François FILLON a fait sa rentrée politique le lundi 30 août dernier dans le 7-10 de France Inter. L’enjeu journalistique de cette séquence fut de connaître sa position personnelle dans la perspective des futures élections de 2012. Mais ce ne fut pas ce qui retint notre attention.


C’est de l’échange avec un auditeur que vint la surprise : dans la réponse qu’il donna à l’un d’eux qui le questionnait sur la sécurité, François FILLON glissa : « Ce n’est pas à l’Etat de mettre en place des sanctions à l’égard des Maires ». Aucune réaction de la part des journalistes qui, pourtant, auraient dû se saisir de cette phrase pour le questionner sur le rôle de l’Etat, dans une République encore une et indivisible (Art. 2 de la Constitution) fortement décentralisée, où les Collectivités Territoriales ont des rôles de plus en plus importants dans la mise en œuvre des politiques publiques et où les iniquités territoriales préoccupent plus d’un élu et fonctionnaire.

 

Car depuis de nombreuses années, sous couvert d’une démocratie vertueuse explorant les arcanes de la gouvernance (qui multiplie les lieux et les acteurs impliqués dans les décisions), les acteurs et les observateurs ne savent plus qui fait quoi, et qui est responsable de quoi, chacun se débattant comme il peut avec ce qu’il peut, diluant ainsi un certain esprit républicain.  

 

Par exemple, en matière d’accessibilité, les Communes et les intercommunalités ont un certain nombre d’obligations. C’est notamment la loi du 11 février 2005 qui cadre ces obligations, et si elle fixe des objectifs, des modalités et des échéances, elle ne fixe pas de sanction pour ceux qui ne respecteraient ni l’esprit, ni la lettre de la loi. Dans ce cas, ce pourrait être à l’Etat que reviendrait ce rôle de gendarme, mais on assiste à son retrait de  l’espace publique : depuis 1982 il contrôle à postériori les décisions des collectivités (et ce n’est pas systématique), transfert aux collectivités de nombreuses compétences et confie son rôle d’expert au secteur privé. Donc, quand une collectivité décide de ne pas respecter ni d’appliquer la loi, elle a peu de risque de se faire taper sur les doigts par l’Etat, et moins encore depuis ce 30 août dernier, depuis la déclaration du 1er Ministre du gouvernement Français.

 

« Ce n’est pas à l’Etat de mettre en place des sanctions à l’égard des Maires ». C’est désormais et plus qu’avant, au citoyen d’exercer un contrôle ainsi que son pouvoir de sanction par les urnes ; une sacrée responsabilité dans une société sophistiquée et ultra complexe, régit par des lois et des décrets en surabondance, où les mœurs politiques relèvent davantage des sciences humaines que d’une stricte application de textes.

écouter à la 02:54 : http://www.dailymotion.com/video/xemdd1_francois-fillon-f... 

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